Photographe et retoucheuse: Samantha et la sale poseuse la c'est moi
Aelia. C'était son nom. Par opposition a la noirceur du prénom de K. Elle sentais brûler en elle le poids de cet autre qu'elle aurais pu devenir. Le poids de l'inconnu auquel un choix arbitraire l'avais soustraite. Elle se trouvais devant ce paradoxe d'autant plus extraordinairement lorsqu'elle se perdait dans le regard d'azur sombre des yeux de celui qu'elle aimais, pourtant si abimé. On peut être simplement blessé ou alors décharné de toute possibilité d'échapper a la fatalité.
-Prend moi fort dans tes bras, même si tu sais que c'est parce que j'ai sans cesse le besoin d'être rassurée pour des raisons impossible a deviner. Le dire, me ferais trop de mal, tu sais.
Et puis K la sentie partir dans ses bras dans un dernier acte d'amour. Frustrant et traumatisant. Et puis il regarde la dépouille qui lentement refroidit dans une mort sans espoir d'un quelconque soulagement par un esprit supérieur. K était un esprit pur. Il ne supportait pas l'idée d'une dépendance à un idole.
Donc, il errait seul, dans le manque de réflexion le plus total. Perdu dans la nuit avec le souvenir de son plaisir et son semblant de bonheur, envolé de toute part aussi simplement que le vent fait tourbillonées les feuilles en automne, ou que le temps reprend à la vie ses droits passagers et irréels. Parfois dans les rues qui ne lui étaient pas inconnues, et dont il ignorais les noms a cause de sa mémoire défaillante, dans ces rues a l'existence douteuse, ou tout semble faux et pleins de faux semblants, il se regardait dans un miroir teinté et son reflet lui faisait penser qu'il n'était que l'ombre de celui qui avait été aimé.
Et face a ce qu'il y avais de détestable en lui, sa frustration et le manque dû a cette absence soudaine et indépendante de toute volonté, il voulais se faire mal, se faire mal ou encore juste un peu de tendresse.
Qui aurais pu vouloir tant de désolation? Encore une chose qui le renforçait dans ses opinions radicales à l'égard de telles absurdités. Mais c'est lorsqu'on est plus proche de la haine qu'on aime réellement. Se perdre dans l'indifférence est un manque de capacité a ressentir toute forme de compassion..